Rencontre avec Marc Garneau sur les femmes et la S & T

Publié le lundi 1 avril 2013

Auteur : Catherine Mavriplis

Catherine Mavriplis

Chercheuse affiliée, ISSP
Professeure agrégée à l'Université d'Ottawa et Chaire CRSNG pour les femmes en sciences et en génie

Quel plaisir de rencontrer l’hon. Marc Garneau! En tant que titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie du CRSNG/Pratt & Whitney, j’ai eu le privilège d’être invitée par Barbara Orser (professeure Deloitte en gestion des entreprises de croissance à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa),  qui a organisé un briefing avec l’ancien candidat au leadership du Parti Libéral du Canada et ancien astronaute. Une collection éblouissante de femmes expertes sur l’État des femmes canadiennes dans les domaines de la technologie, du droit, de la gestion et des petites entreprises a été assemblée pour conseiller Garneau sur les stratégies nécessaires pour faire des femmes un élément central d’une économie numérique et mondiale dynamique.

Puisque nous étions un groupe provenant de secteurs diverses, notre message était remarquablement similaire : en ce qui concerne les problèmes des femmes, la solution a été de « l’arranger soi-même », a déclaré le Dr. Orser. Elle a incité M. Garneau à porter cette question à l’échelon national : dépasser l’analyse comparative entre les sexes pour faire de la stratégie une stratégie interministérielle globale et la relier à la compétitivité du Canada sur le marché mondial. Plusieurs participants ont rappelé à M. Garneau le statut affaiblissant du Canada sur la voie vers le progrès pour la diversité, en mentionnant l’indice mondial de l’écart entre les sexes du Forum économique mondial, où le Canada s’est classé 21e en 2012 mais 14e en 2006.

Des questions et des suggestions spécifiques ont été apportées par chaque orateur dans un délai serré. Voici quelques-unes des recommandations présentées à M. Garneau. Dale Gantous, président et directeur général d’InGenious, a parlé positivement du programme de Recherche scientifique et développement expérimental du Canada (RSDE) qui permet aux entreprises d’investir dans la recherche et le développement en embauchant du personnel qualifié. Elle a suggéré que ce qui manque, ce sont les crédits d’aide fiscale pour les ventes et la commercialisation, qui seraient avantageux pour les femmes qui sont plus susceptibles de se retrouver dans ces rôles. De même, Wendy Cukier, vice-présidente à la recherche de l’Université Ryerson, a déclaré que le fait de se concentrer sur la science, la technologie et ingénierie pour le financement à grande échelle de l’innovation désavantage les femmes puisque ces domaines sont largement dominés par les hommes. Elle fait appel à des mesures, des repères et une évaluation pour surveiller les impacts des politiques et des programmes. Elle a également parlé de la question des femmes appartenant  à des minorités, citant les statistiques de la région du Grand Toronto selon lesquelles la moitié des femmes sont des minorités visibles. Mary Anderson, présidente de WEConnect Canada, a parlé de l’entreprenariat des femmes au Canada, soulignant certains programmes positifs de diversification des fournisseurs du secteur privé et des possibilités de formation régionales inégales pour les femmes pour les petites entreprises. Astrid Pregel, présidente de feminomics, a cité plusieurs initiatives américaines récentes de l’administration Obama, notamment le White House Council for Women and Girls, qui travailleront à travers les institutions de la politique étrangère des États-Unis pour œuvrer en faveur de l’égalité des sexes. Pregel suggère qu’en tant que principal partenaire commercial des États-Unis, le Canada devrait réagir positivement. Janice Payne, avocate chez Nelligan O’Brien Payne, a parlé du défi de retenir les femmes dans la pratique du droit privé et des partenariats. Elle a noté que les associations provinciales font des progrès dans ces domaines, mais que les programmes fédéraux doivent être pris en compte, comme les nominations à la magistrature, le Programme de contestation judiciaire du Canada et les propres pratiques d’emploi du gouvernement fédéral. Enfin, on rappelle à M. Garneau que les recommandations qui s’adressent à l’oléoduc, la recherche, les tribunaux et le monde de l’entreprise des femmes profitent à la fois aux femmes, aux hommes et à l’économie canadienne.

Marc a prononcé son discours de la Journée internationale de la femme le 8 mars en parlant du fait qu’il incombe aux employeurs d’assurer l’équité salariale et la création d’un « Conseil spécial pour les femmes qui conseil directement le premier ministre ».

Nous remercions M. Garneau pour son attention à notre exposé et bien qu’il se soit évincé de l’élection et qu’il appuie maintenant la candidature de Justin Trudeau, nous espérons qu’il continuera à défendre la place des femmes dans les paysage politique et économique canadien. Un grand merci à Barbara Orser et Betsy McGregor pour avoir pris la tête de cette initiative.

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