Les grands défis sont aussi de grandes opportunités pour la communauté S&T du Canada

Publié le lundi 30 novembre 2020

Auteur : Bob Walker

Professionnel-en résidence, ISSP
Éxecutif supérieur retraité

Le 17 novembre 2020, l'ISSP a organisé un panel intitulé Adapter la science, la société et les politique aux grands défis de notre époque à la Conférence canadienne sur les politiques scientifiques. Ce blog est une adaptation des propos de l’auteur.

Il semble que le monde soit inondé ces jours-ci de grands défis. Mais peut-être que les grands défis présentent également de grandes opportunités. Pour la communauté canadienne des sciences et de la technologie, voyons où se trouvent les grandes opportunités.

Un premier point à considérer est le respect de la relation entre la communauté scientifique et technologique et les gouvernements. J'espère que nous conviendrons tous que les gouvernements devraient jouer un rôle crucial pour relever les grands défis auxquels la société est confrontée. Il ne fait aucun doute que nous conviendrons également que la communauté scientifique et technologique du Canada a beaucoup à offrir aux gouvernements pour les aider à relever ces défis, du changement climatique à la sécurité nationale. La question devient alors: comment le faire, ou comment faire mieux?

Je suggérerais qu'il y a deux dimensions interdépendantes à cette relation. Premièrement, le gouvernement fédéral est un bailleur de fonds des entreprises scientifiques et technologiques du pays, de leurs capacités et de leurs capacités.Deuxièmement, le gouvernement fédéral est un client des produits de la recherche de la communauté scientifique et technologique - ses connaissances, ses preuves, sa technologie, ses idées, ses innovations, ses conseils et son talent.

Nous ferions bien de réfléchir davantage à la manière dont cette relation client-fournisseur peut mieux fonctionner, et c'est là une opportunité. Je crains que la communauté S&T se concentre trop souvent sur la première perspective, tout en présentant la seconde dans le langage des avis scientifiques ou de l'interface science-politique. Il faut une réflexion plus nuancée.

Dans un premier temps, le gouvernement fédéral organise ses rouages autour de quatre grands portefeuilles qui fournissent des lentilles complémentaires sur l'intérêt national, le soi-disant « bien public »: l'économie ; la santé publique et la gérance de l'environnement ; la sécurité publique et la sécurité nationale ; et le bien-être social de la nation.

Tous ces portefeuilles sont des clients de S&T, mais les besoins des clients présentent des différences significatives. Du point de vue de la science et de la technologie, quelles sont les opportunités émergentes de prospérité économique? Quels sont les risques émergents pour la santé publique et / ou l'environnement et comment les atténuer? Existe-t-il de nouvelles menaces à la sécurité publique et à la sécurité nationale, et comment la science et la technologie peuvent-elles nous aider à mieux les comprendre et à y faire face? Quels sont les obstacles systémiques à l'égalité des chances pour les Canadiens et comment pouvons-nous faire mieux?

Et voici le hic. Les grands défis ne nous permettent pas de rester facilement dans l'une de ces quatre voies. En effet, avec de grands défis, nous voyons des croisements entre tous. Prenez la pandémie COVID-19. Il s'agit d'une crise de santé publique, certes, mais elle perturbe également considérablement de nombreux secteurs de l'économie et la nature du travail, elle a mis à nu les menaces à la sécurité nationale en raison de la dépendance excessive à l'égard des chaînes d'approvisionnement offshore et a encore exposé les inégalités sociales les plus défavorisés de notre société comme les plus vulnérables aux effets négatifs du virus. Si la communauté scientifique et technologique n'est pas la seule source d'idées nouvelles pour résoudre ces problèmes, elle peut très certainement jouer un rôle important.

Repenser cette relation client-fournisseur est une opportunité importante pour accroître l'impact et la pertinence de la science et de la technologie, essentiellement en considérant ces multiples points de vue clients en même temps que nous poursuivons notre science. Bien entendu, il existe de nombreuses complexités et des questions ouvertes quant à la meilleure façon de fournir de telles S&T. Ces conversations commencent. Cette approche s'inspire de la réflexion qui sous-tend les grandes idées telles que l'innovation inclusive, les objectifs de développement durable et la recherche sur la convergence, dont chacun plaide pour des résultats basés sur la S&T qui ont des impacts positifs simultanés sur de multiples dimensions du bien public.

Mais quelles sont les aspirations du Canada et des Canadiens en ce qui concerne le bien public? Cette question m'amène à une deuxième grande opportunité, qui a trait à la relation entre notre communauté scientifique et technologique nationale et la société.

Je pense que nous serions tous d'accord pour dire qu'il existe une longue liste de défis pour lesquels il existe un besoin urgent de conversations nationales et inclusives qui transcendent les chambres d'écho et la polarisation qui nous contraignent trop souvent. être demain, et à quoi pourrait ressembler le voyage. Nous n'allons pas forcément nous mettre d'accord sur la destination ou à quoi devrait ressembler le voyage. Mais nous avons une obligation croissante d'écouter des points de vue différents, d'entendre des points de vue différents et de comprendre où nos aspirations peuvent avoir des conséquences inattendues.

Il existe une occasion importante pour la communauté scientifique et technologique de notre pays d’être un organisateur et un facilitateur de telles conversations. J’ai été heureux de voir que de nombreuses universités canadiennes adhèrent aux objectifs de développement durable de l’ONU - un buffet de grands défis. Ces objectifs sont utilisés comme plate-forme à la fois pour informer de nouvelles approches de l’apprentissage par l’expérience interdisciplinaire pour la population étudiante et la prochaine génération de scientifiques, et aussi pour fournir un ensemble unificateur d’objectifs pour l’entreprise de recherche de l’université. Cette approche stimule déjà de nouvelles conversations sur nos campus et ressemble à ce dont nous avons besoin à l'échelle nationale. Il incombe à notre communauté scientifique et technologique nationale comprenant des universitaires, des scientifiques des secteurs public et privé et nos organisations scientifiques du quatrième pilier de se réunir et de tirer parti de ces expériences pour permettre des conversations encore plus inclusives.

Les grands défis sont aussi de grandes opportunités. La communauté scientifique et technologique du pays devrait les saisir. Le Canada sera meilleur pour cela.

Haut de page