Faire entendre la voix des Autochtones à la recherche axée sur la mission

Publié le mardi 30 novembre 2021

Auteur : Jessica Perritt

Chef de section, Connaissances autochtones et réconciliation
Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN)

Le 25 novembre 2021, l'ISSP a organisé un panel intitulé La recherche et l'innovation axée sur la mission pour faire face aux grands défis : Est-ce que le Canada a ce qu'il faut ? à la Canadian Science Policy Conference. Ce blog est une adaptation des propos de l'auteure.

Nous devons comprendre que la voix autochtone est importante dans tous les projets axés sur la mission. Si nous créons cet espace pour les voix autochtones dans la création de missions, cela sert largement la société dans son ensemble et l'économie dans son ensemble.

Ce faisant, nous devons créer un espace pour le savoir autochtone. À la Société de gestion des déchets nucléaires, mon travail consiste à établir un pont entre les modes de savoir occidentaux et les modes de savoir autochtones. Construire ce pont ensemble améliore finalement notre projet et notre travail. 

Il existe un certain nombre d'idées fausses sur ce qu'est le savoir autochtone. Elle est souvent considérée comme une connaissance de la terre - où les gens cueillent des médicaments, où les aliments poussent, où les animaux migrent - alors qu'en fait, le savoir autochtone est un système de connaissances très riche et sophistiqué comprenant la gouvernance, la recherche et la science. En créant un espace pour la recherche axée sur la mission, nous devons nous assurer que le savoir autochtone fait partie de cet espace. Ce faisant, nous pouvons co-créer ces projets qui incluent la recherche et la science autochtones. 

L'ADN du savoir autochtone est en fait la durabilité. Ceci est particulièrement important lorsque l'on pense aux missions construites autour des enjeux environnementaux. Lorsque nous pensons à des concepts comme la pensée des sept générations, ou à des principes comme la réciprocité, la relation et le respect, lorsque nous pensons à des traités originaux comme le plat avec une cuillère, ceux-ci sont tous fondés sur la durabilité. 

Au sein des modes de connaissance autochtones et de la façon de penser holistique, des idées comme le capitalisme, l'économie, la bonne gouvernance, la recherche, la gérance de l'environnement, la science, elles travaillent toutes ensemble pour faire avancer la mission. S'appuyer sur toutes ces idées en tant qu'unité cohésive peut aider à garantir que nos missions sont accomplies. Si nous pensons à l'invention du canot par les Anishinaabe comme exemple—sa structure, l'ingénierie des matériaux, les mathématiques qui entrent dans la façon de bâtir le canot pour s'assurer qu'il peut flotter sur l'eau et transporter des personnes sur des milliers de kilomètres pour le commerce. Ce commerce profite alors à la communauté et aide à créer une bonne gouvernance parce que nous apprenons et interagissons avec de nouveaux groupes et de nouvelles personnes. Tous ces facteurs apportent de la valeur à l'économie d'une communauté et à sa gouvernance.

Ce sont des points de tension dans cette conversation autour de la recherche axée sur la mission. Comment les reconnaître de manière constructive, puis travailler pour harmoniser et construire de meilleures relations dans le développement de ces missions ? Je vois la réconciliation comme une opportunité de créer cet espace pour les voix autochtones au sein de nos institutions, recherche, organisations et au sein de la société en général. En créant cette voix, nous apprenons également d'une autre façon de savoir qui est un avantage ultime. 

La manière occidentale de savoir est une manière de savoir. Ce n'est pas la seule manière de savoir. Nous devons reconnaître qu'il existe d'autres façons de savoir, et celles-ci doivent éclairer les processus de co-création. En faisant ce travail acharné et en créant cet espace, c'est à ce moment-là que nous travaillons pour vraiment nous réconcilier. Lorsque les peuples autochtones du Canada voient que leurs connaissances et leur voix font partie d'une solution, c'est à ce moment-là qu'ils se joignent à nous, ce qui profite à la société et à notre économie en général. Il est vraiment utile de travailler pour se comprendre, de travailler pour comprendre que nos systèmes de connaissances fonctionnent différemment, de travailler pour respecter ce que les voix autochtones apportent à la table et de comprendre comment cela contribue à développer des relations significatives et efficaces dans le développement de la recherche basée sur la mission.

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