Amener la science et la technologie à la table des politiques

Publié le mardi 4 mai 2021

Auteur : Sylvain Charbonneau, PhD

Vice-recteur à la recherche
uOttawa

Le 15 avril 2021, l'Institut de recherche sur la science, la société et la politique publique de l'Université d'Ottawa et l’Institute for International Science and Technology Policy at the George Washington University ont accueilli Sethuraman Panchanathan, directeur de la National Science Foundation (NSF) des États-Unis, dans le cadre de l'événement commémoratif Bromley 2021. Ce billet de blogue est une adaptation des propos de l’auteur.

Depuis le déclenchement de la pandémie mondiale, le grand public est abreuvé de données scientifiques. Ces informations sont bien souvent transmises par les plus proéminents scientifiques médicaux de nos pays, qui connaissent des niveaux de visibilité sans précédent. Le conseiller médical en chef américain, le Dr Anthony Fauci et l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, sont d’ailleurs devenus de véritables célébrités!

Malgré certaines voix dissidentes, nos concitoyens se tournent de plus en plus vers la science pour trouver des réponses. Ils ont davantage conscience du rôle important que joue la recherche pour façonner et mettre en œuvre les politiques publiques, incluant les stratégies qui visent à surmonter cette pandémie. Il est en effet fondamental d’amener la science et la technologie à la table des politiques publiques, pour mieux éclairer les politiques publiques scientifiques et pour améliorer nos sociétés.

Intégrer la science et la technologie dans la sphère du politique est un principe qui a largement inspiré David Allan Bromley, ce brillant physicien de l’Université de Yale, d’origine canadienne, qui a donné son nom àl'événement commémoratif Bromley. Il fût un directeur visionnaire du Bureau des politiques scientifiques et technologiques de la Maison Blanche, à l’époque de l'administration Bush des années 1980 et 1990. La fonction du Dr. Bromley correspond à celle qu’occupe la conseillère scientifique en chef du Canada, la Dre. Mona Nemer, qui a par ailleurs été ma prédecesseure à la tête du Vice-rectorat à la recherche de l’Université d’Ottawa.

La recherche déployée à l'Université d'Ottawa s'appuie à la fois sur la richesse de nos talents, sur une vision forte de l'innovation, sur notre engagement envers le bilinguisme ainsi que sur notre accès stratégique aux décideurs nationaux. Elle vise à aider notre pays à relever les défis nationaux et internationaux liés à l'économie du savoir du 21e siècle, en éclairant et en contribuant à façonner les politiques publiques et scientifiques. Notre approche stratégique de recherche est d’ailleurs alignée sur notre feuille de route, Transformation 2030, qui est établie pour la prochaine décennie. Elle met l’accent sur l'excellence, la pertinence et l'impact, ainsi que sur l'interdisciplinarité, la collaboration internationale, la mobilisation des connaissances et l'inclusion. 

Cette vision est en grande partie incarnée par nos centres et instituts de recherche et d'enseignement, tels que l'ISSP, qui s’efforcent de favoriser des expériences étudiantes enrichissantes et à créer des ponts au sein de notre institution, entre les secteurs universitaire, public, privé et de la société civile, tout en garantissant une plus grande équité, diversité et inclusion (EDI) dans la recherche. Bâtir une communauté scientifique et technique plus inclusive, qui reflète la diversité de nos sociétés, est en effet un élément indispensable pour transformer les processus décisionnels et relever les grands défis de notre époque.  

Il est donc essentiel d’agir pour assurer une participation à la fois plus diversifiée et plus équitable, au sein de nos écosystèmes de recherche respectifs, si nous voulons que la recherche nous ouvre la voie à un avenir prometteur. Bien que nous nous soyons lancés sur la voie du changement en nous attaquant aux barrières systémiques, nous demeurons conscients de tout ce qu'il nous reste encore à accomplir, pour améliorer cette inclusion, en particulier dans le domaine des STEM, et sommes d'autant plus déterminés à rester fixés sur l’objectif à atteindre.

C'est précisément la raison pour laquelle l'événement commémoratif Bromley demeure un forum important de discussions portant sur les relations canado-américaines, dans le domaine de la science et des politiques scientifiques. Fidèle à la vision du Dr. John de la Mothe, cet événement organisé conjointement chaque année, permet non seulement de renforcer la collaboration entre nos deux pays et entre nos deux institutions universitaires, mais il est aussi une source d'inspiration renouvelée pour la prochaine génération de scientifiques et de professionnels des politiques scientifiques, qui y participent chaque année.

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